L’équipe du musée de la chasse a réussi un beau tour de force en créant un lieu pour les amoureux de la nature. Ils découvriront avec plaisir des œuvres de toutes les époques autour du thème de la chasse et de la nature.

Les animaux empaillés sont les hôtes des lieux : un ours accueille au premier étage, un renard est lové sur un fauteuil.

Les salles sont organisées autour des grands animaux chassés. La salle du Sanglier côtoie celle du cerf et du loup. Le chien a bien entendu aussi sa pièce. Avec notamment un puppy de Jeff Koons et un collier de chien du XIXe qui pourrait très bien s’intégrer dans une collection d’art africain.

L’enfilade de l’antichambre, du salon de compagnie et du salon bleu donne une teinte particulière à ce musée, l’impression de visiter une belle demeure du XVIIIe.

Cette demeure a bien sûr son cabinet de curiosité, la salle de la licorne. On y présente des objets chargés de mythologie : une corne de Licorne, animal mythologique qu’on chassait pour réduire en poudre sa corne au pouvoir magique, un bezoard, monté par Jean-Michel Othoniel, «pierre» que les ruminants créent dans leur estomac. On y trouve aussi quelques œuvres plus contemporaines, notamment « Fumée de licorne » de Sophie Lecomte. Ces œuvres essayent de raviver le temps de la nature magique. Mais elles nous montrent sans détour que cette époque est révolue. Et cette salle devient le témoignage d’un autre temps.

La salle des oiseaux présente en son centre une impressionnante installation. Alors que les peintures du XVIIIe nous montrent des oiseaux dans leur habitat ou de simples études, Vincent Dubourg a créé ‘La voiture aux oiseaux’. Et il nous rappelle que notre nature sauvage est maintenant un terrain vague à la lisière des villes.

La salle des trophées dévoile la collection de trophées du musée, caverne d’Ali Baba où les continents se mélangent. La nature y est ici domptée, alignée et dominée. Nicolas Darrot y a glissé son Sus scrofa albinos qui souligne que la domination n’est fort heureusement pas totale.

La salle du singe met mal à l’aise, on sent la proximité qu’il y a entre ces grands singes et l’homme. Proximité renforcée par les quelques photos de singes mangeant à table avec cuillères et fourchettes. Patrick van Caeckenbergh va même jusqu’à dresser la table du couple de gorilles qui nous accueille.

La suite du deuxième et dernier étage est consacrée à la nature contemporaine. Elle est constituée d’oiseaux invisibles dont on peut entendre les chants et de poules en batterie. La photo d’Eric Poitevin a été malheureusement remplacée par une vidéo. On espère que c’est temporaire. D’après le catalogue, elle semblait contre-balancer cette vision apocalyptique.

Pour enfoncer le clou, la visite se termine sur la cabane des Sommer, fondateurs de la fondation de la maison de la chasse et de la nature, reconstituée par l’artiste Mark Dion. On verrait bien cette cabane censée se situer dans les Ardennes, habitée par des trappeurs. Une sorte d’ode au bon vieux temps. Même si cette fin n’est pas réjouissante, cette petite visite au cœur du troisième nous permet de nous pencher sur l’évolution de notre rapport à la nature et aux animaux a travers la chasse. On attend avec impatience les prochaines expositions temporaires.

Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives
75003 Paris
Tél. : 01.53.01.92.40
www.chassenature.org
Ouvert toute l’année de 11h à 18h, sauf les lundis et jours fériés.
Métro : République, Temple ou Rambuteau