Cet artiste colombien a déjà séduit les plus grandes collections : la Tate Modern, le MOCA de Los Angeles ou la Fondation Caixa à Barcelone, par exemple. La série Pixel propose des portraits composés de cubes de sucre. Oscar Munoz a trempé les sucres dans le café colombien pour créer sa propre palette, qui varie du marron foncé au blanc. Il obtient ainsi des visages qui paraissent fortement « pixellisés » et qui sont de ce fait « anonymisés ». Il s’agit de personnes assassinées par les escadrons de la mort dans la ville de Cali et dont les photos sont parues dans les tabloïds colombiens. D’ailleurs Oscar Munoz vit toujours à Cali. La dimension dramatique de ces portraits tranche avec la banalité des matériaux utilisés. En Colombie, la mort violente fait partie du quotidien, au même titre que le café et le sucre.

Les pièces les plus intéressantes sont celles que l’on peut trouver au sous-sol de la galerie. Elles font partie de la série de vidéos Narcisso qui sont projetées au sol sur un bac de douche. On y distingue d’abord le dessin d’un visage. Les traits de ce dessin bougent de manière imperceptible, puis se déforme pour enfin disparaître, au milieu de l’écran par le syphon de la douche. En photographie on trempe sa feuille dans un bain pour révéler l’image, là c’est le mouvement de l’eau qui fait disparaitre l’image. On entre dans le vif du travail d’Oscar Munoz ; il représente ici le temps qui altère les souvenirs.

Comme l’indique le nom de cette série, on peut aussi y voir l’illustration de notre vanité. Qui plus qu’un Narcisse se regardant dans l’eau, puis disparaissant avec le temps, peut nous faire prendre conscience de notre futilité ?

Galerie mor • charpentier

8, rue Saint-Claude Paris 3ème

M° Saint-Sebastien Froissart / Bastille

Tél. +(33) 0 1 42 76 06 29

www.mor-charpentier.com