Il y a quelques années, David Kramer n’hésitait pas à s’inscrire dans la lignée du peintre américain Robert Henri, qui prônait le réalisme en art. Ses sujets sont effectivement ordinaires. Mais David Kramer introduit une nouveauté : il joue avec le spectateur, il entremêle dans ses peintures plusieurs messages contradictoires.

En effet, il donne à voir une vie idéale, dont l’iconographie s’inspire des films hollywoodiens ou des publicités des années 50 : filles glamour, belles voitures, familles modèle…

Idéale, vraiment ? J’aime l’usage qu’il fait de la couleur. Sa palette est large, ses couleurs, légèrement acides, ont de l’éclat. Mais elles s’accordent peu avec le sujet. Cette dissonance crée un premier doute sur le message du peintre.

Le point de vue proposé, la composition impliquent également le spectateur dans la scène. David Kramer va même plus loin en aménageant des installations au pied de ses peintures : néons, bouteilles d’alcool, bûches en train de se consumer, coussins… Il envahit l’environnement immédiat de la galerie. Nous pourrions finalement être dans le tableau. Un malaise ?

A mieux y regarder, ses peintures évoquent aussi le New York désenchanté de Jay Mc Innerney. Les paroles à la première personne inscrites en lettres capitales sur la toile introduisent un décalage supplémentaire : on découvre les paroles d’un désabusé, un antihéros contemporain perpétuellement insatisfait.

Au final, David Kramer fait preuve d’un second degré et d'un humour décapant.

Ses dessins, au sous sol, sont aussi à découvrir.

Galerie Laurent Godin
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