Au commencement, on improvisait un parcours animalier dans notre quartier. On commençait par caresser le chat de la fleuriste de la rue Beaubourg, on allait ensuite saluer les carpes et les turbots qui vivaient dans les aquariums du supermarché chinois de la rue au Maire, puis on courait voir les canards du Square du Temple. Enfin, on finissait par le meilleur : le cerf du Café du temple. Un jour à la sortie de l’école, notre fille de trois ans nous a dit qu’elle avait vraiment très soif, qu’il fallait absolument qu’elle boive un verre au café, et pas dans n’importe lequel ! Elle nous a avoué qu’elle voulait revoir le cerf qui parle. On s’est alors dit qu’il était temps de trouver autre chose.

Et là, miracle : nous avons entendu un cor de chasse rue des Archives. Nous avons cherché d’où provenait ce son incongru. C’est ainsi que nous sommes arrivés au pied d’un très bel hôtel particulier. Les portes étaient ouvertes. Notre hôte semblait s’être absenté pour un court instant. Intrigués, nous avons monté quatre à quatre de somptueux escaliers surplombés d’un plafonnier aux entrelacs de bois de cerfs. Nous nous sommes introduits dans ses appartements.

Un sanglier empaillé nous a d’abord accueillis. Le mystère s’est épaissi : qui avait bien pu le tuer ? Serait-ce ces hommes peints juste au-dessus ? Ou bien ces autres figures représentées en face ? L’enquête ne faisait que commencer. Un enfant est monté sur un tabouret, a ouvert un premier tiroir et a découvert les empreintes du sanglier. Ouahouh ! Ses yeux se sont attardés sur les jumelles incrustées au meuble et tout à coup il s’est trouvé plongé en plein sous bois. L’aventure ne faisait que commencer…

Nous avons pénétré dans une succession de pièces, chacune dédiée à un animal. Se mêlaient des pièces de taxidermie, des trophées de chasse, des tableaux contemporains et anciens, du mobilier, de la vaisselle, des tissus imprimés ou brodés, des sculptures, etc. Difficile de savoir où regarder. Nous allions de surprise en surprise jusqu’à ce que dans un salon, nous nous soyons sentis épiés ; un cerf nous scrutait attentivement. Dans un boudoir, une licorne a égaré sa corne…

L’étage presque parcouru, nous sommes tombés nez à nez avec Alexandre, l’ours blanc de 2 mètres 70, qui montait la garde. Après avoir montré patte blanche, nous avons réussi à entrer dans la galerie des trophées. Une horde d’animaux sauvages, allant des fauves à la gazelle pygmée, s’est alors jetée sur nous, tous curieux de se présenter et de faire notre connaissance. Lorsqu’un sanglier s’est mis en colère, tout le monde a sursauté. Frissons assurés.

Nous avons poursuivi notre visite au deuxième étage. Des gorilles nous attendaient. Un quiz musical nous a occupés quelques minutes : s’agissait-il du croassement du crapaud, du coassement du corbeau ou du hululement de la chouette ? La cabane du chasseur cachée sous les toits nous a rappelé que cette maison était occupée. Il était grand temps de nous échapper avant que l’hôte de ces lieux ne nous surprenne.

La visite s’est conclue sur une dernière question : « et pourquoi au musée de la chasse il n’y a pas de serpent ? ».

Le musée de la chasse et de la nature
www.chassenature.org/
62, rue des Archives
75003 Paris
Tél. : 01.53.01.92.40
Ouvert toute l’année de 11h à 18h, sauf les lundis et jours fériés.
Métro : Temple ou Rambuteau
Gratuit le 1er dimanche de chaque mois