Comment représenter le monde actuel ? En maniant l’absurde avec espièglerie. Au Salon de Montrouge, il avait d’ailleurs exposé en mai 2010 une série de travaux sur un objet culte : la caravane. Pas question de montrer la caravane de papi et mamie. La caravane était ici le motif d’un ensemble plus vaste. Stéphane Lecomte l’a effectivement déclinée à sa façon : on y a vu une caravane cerveau, une caravane à palabre, une caravane atelier, allégorie de l’atelier ambulant, version populaire, avec les outils… Son idée n’est pas de nous faire entrer dans son univers, mais plutôt de nous faire porter un regard amusé sur le monde qui nous entoure. Son œuvre est protéiforme, touche à tout, insaisissable et pourtant cohérente. Il a ainsi créé son territoire, en se gardant bien de le matérialiser. Libre à chacun de composer son « terrain idéal ».

Dans toutes tes pièces, on perçoit le travail de la main qui les a fait naître : écriture manuscrite, tracé à la main, irrégularités.

Oui, j’aime l’idée qu’un artiste fait lui-même avec ses mains ou qu’il produit quelque chose seul dans un atelier avec ce qu’il ramasse. Un bon artiste trouverait de quoi faire une œuvre même dans un désert. Sur quoi travailles-tu actuellement ? En ce moment, je dresse le portrait de voitures de films et séries cultes : Starsky et Hutch, James Bond, la Grande Bouffe, Taxi Driver, Bullitt, et aussi Christine la voiture tueuse ou la Méhari des gendarmes à Saint Tropez.

L’objectif est de réunir, dans le cadre d’une exposition, l’ensemble de mes dessins de voitures avec les miniatures de ces voitures au 1/18e et de les associer aux dialogues des films dont elles sont extraites, pour établir une narration sur la place de la voiture… Et créer au passage un garage idéal !

Et c’est ton premier bâtiment sur le « terrain idéal » ?

En fait, j’ai d’abord travaillé sur les caravanes et l’idée de nomadisme. J’avais d’ailleurs envisagé de créer Caravane city. J’avais imaginé fabriquer la maquette d’une ville fictive gigantesque, de la forme d’une caravane, dans laquelle on ne devait trouver que des caravanes. Une espèce de grande cité nomade. Ca serait mon premier garage , c’est sûr. 

As-tu d’autres projets ?

J’aimerais encore travailler sur le cinéma et la voiture. Il y en a une qui m’a toujours intrigué : c’est la voiture de James Dean. Quand il a acheté sa porsche, il l’avait surnommée « little bastard ». Il s’est tué en la conduisant. La carcasse et les pièces ont été vendues à une première personne qui la retape, la conduit et a un accident. Il la revend à 2 personnes différentes, l’une meurt, l’autre est blessée. La sécurité routière américaine rachète les pièces pour les exposer. Pendant leur transfert, le camion qui les transportait a lui aussi un accident. Une fois exposées, elles blessent gravement un enfant. Les dernières pièces de la voiture mythique sont finalement détruites. J’aimerais travailler sur ce thème en réunissant des photos, des dessins et des miniatures pour raconter l’histoire de cette voiture maudite.

Salon de Montrouge en mai 2010, Immanence  en octobre 2010…Et en 2011, des expositions en vue ?

Oui, une en mars ! J’exposerai à Gentilly au Générateur, un espace de 600m2 dédié à la création contemporaine. C’est une exposition avec un homonyme Frédéric Lecomte. Ca s’appellera Lecomte la brute et le truand…

(à suivre) à partir du 3 Mars juqu’au 27 Mars près de la poterne des peupliers.

Le générateur
www.legenerateur.com
16 rue Charles Frérot
94250 Gentilly


Immanence : www.art-immanence.org

Site Stéphane Lecomte : www.terrain-ideal.com