On pense d'abord voir une photo, puis on découvre qu'elle est en fait le support d'un travail plus conséquent qui intègre des sculptures, un jeu de lumière, l'architecture et le dessin.

Avant de prendre une photographie, Georges Rousse réalise de petites aquarelles qui sont exposées dans la première salle de la galerie. Ces dessins reprennent minutieusement ce que l'artiste veut faire. Le trait est précis, Georges Rousse souhaite rendre au plus près le rendu final de sa photographie.

Georges Rousse, Blanc Mesnil, 2006


Pour sa série à Paraty, Georges Rousse choisit des espaces vides et désaffectés, dans lesquels il construit des structures de bois, peintes de couleur vive. Ces structures s'intègrent ensuite dans la photographie pour la changer, soit en déformant la perspective, soit en occupant le centre et en cassant ainsi toute perspective. Il y a dans son approche une volonté esthétique forte, un jeu sur des procédés visuels évidents. Les perspectives s'en trouvent chambouler, le point de fuite disparaît et la photo devient plate. L'architecture est prise au piège de ces sculptures qui faussent nos repères habituels. Elle se retrouve elle-même comme un élément graphique dans la composition de la photographie.

On trouve sur la toile des photos d'amateurs de ces structures, qui visiblement sont restées en place, comme ici. On est impressionné de voir que le trouble que souhaitait créer Georges Rousse fonctionne même quand l'appareil est tenu par d'autres.

Galerie Catherine Putman
www.catherineputman.com
40 rue Quincampoix
75004 Paris
1er étage
Ouvert de 14h à 19h du mardi au samedi et sur rendez-vous.