Le mystère de ces images reste entier et il faut chercher ailleurs ce qui a accroché notre curiosité. Les commentaires, qui figurent sous les dessins, sont sobres et sans préjugé. Ce sont pour la plupart des propos futiles. Ils tiennent plus de l'euphémisme ou de la description banale.

Ces dessins m'ont immédiatement fait penser aux peintures plus graves de James Rielly. Ses sujets semblent banals jusqu'à ce que l'oeil s'arrête sur un défaut ou une anomalie. Ce rapprochement m'a éclairé sur la nature de l'humour de Glen Baxter. En effet, ces deux artistes sont anglais.

Glen Baxter nous offre en fait des tranches d'humour anglais, cet humour du "nonsense" et de l'"undertatement" comme le qualifie Alberto Manguel. Il met ses personnages dans des situations étranges et désuètes tout en évitant soigneusement de les mettre en défaut ou de choquer.

Et même si les textes sont des supports bancals à l'image, que les images sont uniques et ne constituent pas une série, Glen Baxter fait bien de la bande dessinée comme on la faisait dans les années 30. Il utilise l'humour en respectant les codes de la bande dessinée destinée au jeune public avec son ton moralisateur, ses gentils et ses méchants. Il utilise une palette assez restreinte de personnages : des explorateurs au casque colonial, des cow-boys, des scouts, l'oncle ou le père. Avec ses figures symboliques, le spectateur situe rapidement la scène et ses protagonistes, il saisit d'un coup l'étrangeté de la situation.

Comme les comic books, la bande dessinée de Glen baxter a aussi sa morale. Il fait éclater ses personnages stéréotypés pour nous présenter un monde bancal et imparfait. Bref le nôtre. Une exposition fraîche et revigorante dans cet hiver polaire.

Galerie Thibault et Monique de la Châtre
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Ouverte du Mardi au Samedi de 11h à 19h