Un super héros étoilé : Asterios Polyp (4/4)
Par Vence le dimanche 30 janvier 2011, 11:24 - Lecture - Lien permanent

Pour finir en beauté, Cécile nous a apporté l'album de l'année, voire de la décennie. Il a déjà reçu de nombreux prix, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis : quatre nominations au Eisner Award et le prix du best new graphic album, le Los Angeles times book prize et 3 Harvey Awards. Pour ce qui est de ce côté-ci de l'Atlantique, il a remporté le Grand prix de la Critique. Et il est bien entendu en lisse pour le prix d'Angoulême.
David Mazzucchelli n'est pas un inconnu dans le domaine de la bande dessinée. Il a travaillé sur plusieurs Batman et Daredevil et mis en images Cité de verre de Paul Auster. Il livre ici un album plus personnel, où aucun détail n'est laissé au hasard. Plusieurs lectures n'arriveront pas à mettre au jour la mécanique de ce roman graphique et les techniques de l'auteur.

L'histoire ? Asterios Polyp est professeur d'architecture émérite à l'université d'Ithaca, New York. Suite à l'incendie de son appartement, il décide de refaire sa vie et de quitter Ithaca. Il s'installe comme aide mécanicien à Apogee, New York, l'occasion de faire un bilan de sa vie. Des flash back ponctuent sa quête existentialiste et nous permettent de découvrir progressivement sa vie professionnelle et sentimentale et son enfance. En refermant la dernière page du livre, on a vraiment l'impression d'avoir une connaissance intime de ce personnage.
La maîtrise graphique de David Mazzuccheli lui offre une liberté narrative où les ellipses sont possibles. Son dessin, ses couleurs ont une force de suggestion impressionnante, tout en nuance. Dans Big Man paru en 2000, son dessin était pourtant assez classique. Dans Asterios Polyp, David Mazzuccheli excelle : son trait prend des formes très variées. Ainsi, quand Asterios Polyp est professeur, il le représente sous la forme d'un pantin, constitué de tubes et de cubes, tandis qu'il lui donne une apparence plus traditionnelle une fois devenu aide mécanicien. A une soirée, Asterios est entouré de convives qui sont eux traités de façon très diverses : boucles pour l'un, lignes horizontales pour l'autre. David Mazzucchelli élabore une galerie originale de portraits.

Il fait aussi évoluer ses personnages, leur attribuant des traits et des couleurs différents en fonction de leur humeur ou de l'époque à laquelle ils sont représentés. Ces repères sont adroitement distillés au fil des pages. Une gamme de teintes chaudes, froides ou tempérées évoque une phase de la vie du personnage principal. Et cela fonctionne divinement bien.
Les décors, très construits, font également l'objet d'une attention particulière de l'auteur. Le premier appartement d'Asterios renferme tout ce que le XXe siècle a produit en meubles d'architectes : chaise de Mies van der Rohe, canapé le Corbusier... A l'inverse, sa chambre à Apogee est une chambre rustique respectant les règles Feng Shui édictées par la femme de son patron baba cool.
Avec ce souci du détail, David Mazzuccheli réussit l'essentiel : nous faire partager une odyssée contemporaine et nous rendre Asterios Polyp très attachant. L'émotion au bout du crayon.

Commentaires
Asterios Polyp (Casterman) a recu le prix spécial du jury au festival 2011 d'Angoulème.
Bonsoir Connie et Vence,
En plus d'être une histoire intéressante, c'est très beau graphiquement.
a Bientôt
Georgia
Très bon livre
très bonne bd
j'ai adoré moi aussi
une histoire très belle, un graphisme singulier
un travail de fou
bref à recommander à tout le monde