Au fond de la galerie, l’œuvre qui résume le mieux cette exposition est la poterie de Seni Camara (ou Seyni Camara). Pour faire une poterie, il faut partir d’une autre poterie cassée réduite en poudre, la chamotte, à laquelle on incorpore la nouvelle terre. Ou comment associer tradition séculaire et modernité… Seni Camara vient d’un petit village de Casamance (Sénégal). Elle a appris la poterie de sa mère, mais elle a rapidement laissé de côté les canaris, bols et jarres. Elle a préféré sculpter de petites pièces anthropomorphes, telles que celle qui est présentée. Cette poterie semble intemporelle et universelle. On a du mal à identifier son origine. On l’aurait bien vu sud américaine ou indienne.


Seni Camara >


Avant cette statue, vous pourrez apprécier les petits tableaux de Safâa Erruas et le matériel des défilés-performances de Majida Khattari. Les tableaux de Safâa Erruas sont constitués de papiers blancs ajourés, cousus, percés avec des aiguilles et un fil de fer fin. Avec ces matériaux simples, elle réussit à évoquer la peau d’une blancheur diaphane, la fragilité et la douleur. La douceur, la sensualité et la cruauté du quotidien des femmes marocaines semblent ici intimement liées.

 
Safâa Erruas >

Un peu plus loin, Majida Khattari a déposé le matériel de son défilé-performance : un turban bleu, des chaussures à talons et un foulard très coloré. En les apercevant, on pense à la belle mauve de Martial Raysse, photographie de Brigitte Bardot, rehaussée de peinture, avec un plumeau planté dans l’œil. Majida Khattari en expose une version arabe en proposant un voile islamiste parisien, très chic, avec monogramme et main de fatma, qui se lasse comme une chaussure et, à l’opposé, un turban turquoise et une paire de chaussure à semelle compensée qui se portent nue. Un point commun, les femmes sont à chaque fois réifiées.

Puis, à côté de la sculpture de Seni Camara, on trouve une série de collages de la Sud Africaine, Karen Miller (ou Karin Miller) qu’elle décrit elle-même comme des pastiches fantastiques. Une sirène à l’enfant est « the lady of good hope », un clin d’œil au Cap de Bonne espérance, voisin de Cape Town, où elle vit. On y reconnaît avec plaisir le style sud africain qui n’hésite pas à proposer un patchwork de figures inspirées du style colonial et de motifs wax.


Karen Miller >
Galerie DOMINIQUE FIAT
www.galeriefiat.com
16 Rue Coutures St Gervais
75003 Paris