Composition 5 >

Mais Alvaro Oyarzun ne s'arrête pas à cette description pessimiste de l'humanité. Il dessine aussi un personnage qui parfois se transforme en archipel et qui est toujours couvert de poils. Sur cet archipel, il définit des zones soigneusement numérotées qui portent le nom de sentiments ou d'émotions. La répétition de ces compositions, la numérotation qui va de l'une à l'autre nous donne à voir l'homme (l'artiste lui même ?) comme un tout insondable sous ses poils. Alors bien sur, on pose un nom sur chaque partie, mais rien n'y fait, on ne peut pas faire le tour de la question. Qu'est-ce qu'il y a sous ses poils ?

Cet effet est accentué sur la dernière série. Alvaro Oyarzun a fait des taches de peintures colorées qui se mélangent légèrement, constituant un assemblage difforme de couleurs. Il y a une réelle volonté de l'artiste à ne rien représenter. On a presque l'impression de voir des barbouillages. Puis à partir de ces zones colorées, il recommence son travail de dénombrement, d'attribution de sentiments ou d'émotions, de descriptions.

The Self-thaught, 2010 >

Il y a dans le travail d'Alvaro Oyazun la volonté de présenter l'impossiblité de réduire le vivant à une série de concepts. A chaque tentative, il est réfractaire à cet enfermement. On reste toujours curieux de savoir ce qu'il y a derrière ces poils ou ces barbouillages. Et on se rappelle cette phrase de Cioran : "Ma cosmogonie ajoute au chaos primordial une infinité de points suspensifs."

Galerie Catherine Putman
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