Bernard Frize, Saser, 2011 >


Je me suis d'abord arrêtée devant les tableaux ardoises marqués de croix : réminiscence de l'école, oscillation entre la vision d'un cimetière militaire et le simple alignement de formes géométriques, une économie de moyens et un fort pouvoir de suggestion. Nos filles nous ont appelés pour observer la série de papillons... d'étranges empreintes de fesses. Mes yeux se sont ensuite attardés sur les grandes toiles blanches ponctuées de méduses rouges rayonnantes. J'ai aimé cette sensation : me perdre dans ces toiles, y plonger la tête la première, mes yeux rassérénés par tant de vitalité.

Bernard Frize, Derive, 1993 >

Je n'ai pu m'empêcher d'y retourner. L'envie de vérifier si, au second examen, j'allais éprouver la même délectation et aussi de comprendre comment Bernard Frize avait réussi à provoquer cet état. Cette fois-ci, j'ai passé les oeuvres au crible. J'ai cherché à comprendre le processus par lequel l'artiste les avait produites, maniant aussi bien brosses ou tissu noué, peinture et résine, laque ou émail. Reconnaissant l'empreinte de corps et de tissus, la fluidité du pinceau qui traverse la toile, la peau tendue sur le châssis, j'ai senti une énergie, j'ai aperçu des mouvements, j'ai observé une structure simple, composée de lignes et de motifs à géométrie variable. Toutes ces oeuvres, nées de l'esprit de Frize, ont été exécutées lors de performances, parfois à plusieurs, tel le Paravent composé à six mains. Des abstractions sensuelles de toute beauté, à chacun de les interroger.

Galerie Perrotin
76 rue de Turenne
75003 PARIS
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