Cette exposition s'appelle Opus 2. Elle fait suite à un premier Opus organisé chez Galerist à Istanbul. Le titre n'a pas été choisi au hasard. Le livret d'exposition nous explique que Sarkis a souhaité, comme un musicien, interpréter ces monuments en y apportant sa touche personnelle. Si Sarkis avait dessiné les portes ou les murs de ces lieux nous aurions pu les voir, mais là, ces traces de doigts qui nous montre ce qui est enfouie entre la terre et les murs, une représentation technique du batiment. Il donne à l'interprétation de ce plan avec une échelle précise, celle de la trace du doigt.

Sarkis n'a pas choisi ce sujet par hasard. Il souhaite en fait s'attaquer à ce qui sépare l'objet du sujet.

Le plan est une vision moderne du bâtiment. La création des cartes et du dessin technique ont permis de séparer le sujet de l'objet. En effet, avec le modernisme, le sujet et l'objet sont distincts, séparés entre la maîtrise d'oeuvre (qui donne le plan) et la maîtrise d'ouvrage (qui fabrique le bâtiment). En utilisant ses empreintes de doigts Sarkis réintègre dans le sujet, son objet, mettre son empreinte et l'empreinte elle-même ne forme qu'un seul et même geste. Mais ici nous ne parlons pas du bâtiment mais de son propre travail d'artistes où le sujet et l'objet ne sont qu'une seule et même chose.

Le va-et-vient entre le sujet, l'objet, le travail de l'architecte et celui de l'artiste, est soutenu par une utilisation de l'aquarelle. "Ces aquarelles qui en raison de leur transparence lumineuse détiennent un pouvoir de distanciation, de sublimation." (Henry Claude Cousseau les 42heures du Loup, exposition Sarkis à Nantes 1989). Contrairement aux 42 heures du loup, série d'aquarelles sur des plaques d'appareils photographiques (on peut les voir exposer de temps en temps dans la collection permanente du musée des beaux arts de Nantes), Sarkis travaille ici sur de grandes feuilles de papier. Les dessins sont punaisés au mur et entourés de légers néons. Cette mise en scène donne l'impression que les dessins flottent entre la lumière et le mur. La magie et la sublimation sont encore là.

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Galerie Obadia
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Site de Sarkis : www.sarkis.fr