Les diapositives sont tirées de trois séries, chacune révélant une manière de représenter l'environnement des Indiens brésiliens. On y voit des oiseaux brésiliens, peints au XVIIème siècle par Albert Eckhout, des photographies noir et blanc de paysages brésiliens que Lothar Baumgarten avait prises en 1977 et des dessins réalisés par les Indiens Yãnomãmi eux-mêmes à la fin des années 70.

Les peintures naturalistes, qui rappellent les aquarelles d'Audubon, rendent compte de la diversité des oiseaux du Brésil. C'était là les premières images du Brésil pour de nombreux Européens. Lothar Baumgarten a choisi de ne projeter que des détails de ces peintures pour en enlever le caractère testimonial et pour se concentrer sur le déploiement des couleurs et des coups de pinceaux. Pour autant, on devine assez simplement quelle partie de l'oiseau il a décidé de montrer.

A côté de ces peintures, Lothar Baumgarten projette des photographies qui ressemblent au compte rendu d'une mission ethnographique. On est loin du baroque d'Albert Eckhout. Ce sont là les photographies qu'il avait prises lors de sa première expédition en Amazonie, à la fin des années 70.

Enfin, Lothar Baumgarten présente les dessins d'Indiens, auxquels il avait demandé à la fin des années 70 de dessiner au crayon, à l'aquarelle et au stylo. Ces Indiens n'avaient jamais vu de feuilles de papier auparavant. Leurs dessins, qui tendent à l'abstraction, sont simples et sensuels.

A regarder défiler ces séries, on pense inévitablement à l'exposition sur la fabrique des images du Quai Branly. Elle nous expliquait que la représentation du monde était divisée en quatre grandes familles : le monde animé, le monde objectif, le monde subdivisé et le monde enchevêtré. Les dessins des Indiens font partie sans aucun doute du premier type de représentation, le monde animé, ils évoluent dans un monde où la frontière entre l'homme et l'animal est ténue, contrairement à la photographie et au dessin naturaliste qui sont considérées comme des représentations objectives du monde. Mais il est intéressant de voir que l'ensemble de l'installation de Baumgarten, n'appartient ni à l'une ni à l'autre. Il fait ressortir une représentation du Brésil enchevêtré où chaque diapositive apporte son message et témoigne d'un mode de représentation.

Galerie Marian Goodman
www.mariangoodman.com
79 rue Du Temple
75003 Paris
Tél : 01.48.04.70.52
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h