A l'instar de Bernd et Hilla Becher, Albert Moser a adopté un mode opératoire immuable et systématique qui lui est propre : prise de vues en tournant sur lui-même, assemblage et collage des photographies avec un rouleau de scotch, application d'un tampon au dos avec son nom et son adresse, conservation du panorama enroulé. Il a fait preuve d'un systématisme obsessionnel. Contrairement au couple de photographes allemands qui cherchaient à enregistrer de façon objective le paysage industriel, Albert Moser a mis en place son processus méthodique pour reproduire le monde qui l'entoure - des paysages urbains pour l'essentiel - selon son point de vue.

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Albert Moser, Atlantic City, 1983 >

Ses larges vues nous donnent à voir tantôt un univers aux multiples lignes de fuite (quel voie prendre ?), tantôt un monde circulaire dans lequel une rue se transforme en arc de cercle (comment sortir de là ?). A la croisée des chemins, le spectateur se trouve désorienté, comme égaré au cœur d'un labyrinthe.

Dans les panoramas exposés en 1999 à Beaubourg, David Hockney tentait de représenter un paysage dans sa totalité. Il nous perdait dans une mosaïque de polaroïds fourmillant de détails. Loin du gigantisme d'Hockney, Moser crée avec une spontanéité touchante des panoramas humains et complexes à la fois. Le catalogue de l'exposition le traduit très bien.

Galerie Christian Berst
3-5 Passage des Gravilliers
75003 Paris
www.christianberst.com