L’exposition s’ouvre sur un magnifique Coran du XIVe siècle. Une animation décompose le jeu d’entrelacs et d’arabesques qui se noue autour de ses pages : l’artiste est parti d’une étoile à 8 branches pour la développer à l’infini, tirant parti des pleins, des creux et des traits.

Dans la première partie de l'exposition consacrée au Livre saint, plusieurs exemples de Coran datant du VIIIe au XIXe siècle sont ouverts. On observe au cœur de chacun de ces chefs d’œuvre le même souci infini du détail. Il s’exprime à la fois dans les marges et les espaces vides du texte, qui peuvent être remplis de motifs architecturaux. En comparant le Coran du VIIIe siècle en caractères coufiques à cet autre coran du Xe siècle, présenté sous forme de rouleau, en caractères poussières, on perçoit également la variété du travail de calligraphie. Le calligraphe du second a même osé dessiner deux paons stylisés sur l’en-tête du rouleau. Petite entorse au principe qui exclut toute représentation figurative dans le domaine religieux ? Ce n’est pas un fait unique puisque on trouve aussi des représentations de paysages sur la mosquée des Omeyyades à Damas.


La seconde partie de l’exposition présente un ensemble de livres scientifiques : les premiers livres d’anatomie, des précis de botanique et des livres d’astronomie. L’homme et la nature y sont représentés à des fins descriptives. Le soin et la précision apportée à l'ornementation de chaque page montre une nouvelle fois la considération portée aux livres.

L'exposition se conclut sur les romans picaresques, récits historiques et contes. Maqâmât d’Al-Harîrî, daté de 1337, raconte l’épopée d’un pèlerin peu scrupuleux qui profite de son voyage pour escroquer son monde. Plusieurs éditions du recueil de fables indiennes, Kalila et Dimna, retranscrit en Égypte et en Syrie au XIVe siècle sont présentées. Les différences que l'on y observe témoignent de la variété de la production artistique des différentes aires culturelles du monde musulman de l'époque.

Dans cette dernière partie, quatre livres sont accessibles sur Ipad. Convaincus que Gallica ne pourrait pas constituer une alternative à Google Books, certains avaient critiqué le projet Gallica lors de son lancement. En tant que lecteurs, nous avons été très séduits par la prise en main aisée de l'interface et l’étendue des fonctionnalités de Gallica, notamment les commentaires audio qui décodent les subtilités des miniatures. Feuilleter un manuscrit du XIIe siècle est désormais possible à tout un chacun ! Le lire et l'écouter grâce aux enrichissements éditoriaux proposés est inestimable.

Sur le site Gallica, vous trouverez l'ensemble des manuscrits présentés ici. Grâce à son partenariat avec la Fondation Total, la BNF va numériser 300 ouvrages de ce fonds et les rendre disponibles sur Internet. Cela promet de belles veillées.

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