Dans l'entrée, une série de trois petits tableaux reprend le thème des maisons inondées. Dans la grande salle de la galerie, changement de décor : des radeaux de fortune échoués sur une plage et des hommes agglutinés dans des barques occupent les murs. On pense inévitablement aux embarcations d'immigrés clandestins qui accostent sur l'île de Lampedusa.

Dans le tableau Le passeur, aux nuances de gris, bleu et marron, la barque semble échouer sur le sol de la galerie. Alors que les esquifs en mer sont rigides au milieu d'un environnement mouvant, une fois arrivés sur terre, ils se délitent, les voiles tombent le long du mât, le corps du radeau partiellement enterré ; ils perdent vie en même temps que leurs passagers.

Claire Tabouret, maison innondée 10, 2011 >

Claire Tabouret apporte beaucoup d'importance à ces passagers, elle leur consacre d'ailleurs une galerie de portraits. Ces tableaux évoquent bien sûr le radeau de la méduse, mais aussi les peintures figuratives de Gerhard Richter, dont on a pu voir récemment une oeuvre à la Maison Rouge, dans l'exposition Mémoires du Futur. Comme lui, Claire Tabouret s'inspire d'images extraites des médias, comme lui, elle recentre sa palette autour d'une même teinte, gris pour lui, marron pour elle. Et elle devient chroniqueuse d'un monde peuplé de barrières d'eau.

Galerie Isabelle Gounod   => Liste des Articles
13, rue Chapon
Site de la galerie : www.galerie-gounod.fr/