De Pauline Bastard, exposée il y a un an dans l'ancien local d'Eva Hober, nous avions aimé les photographies déchirées de paysages (série Beautiful landscapes) ainsi que les paysages sur étagère constitués de boîtes de conserve, dont les dessins publicitaires représentaient une campagne idéalisée (série Countryside). Cette fois-ci, il est aussi question de paysages. Les photographies déchirées sont encore plus réussies : la déchirure donne aux montagnes des sommets enneigés improbables et confère à l'image une grande profondeur. A côté, ses fleurs sont pour le moins inquiétantes. Le spectateur met du temps à comprendre pourquoi il ressent cette étrange impression. Les trois photographies trouvées et choisies avec soin représentent des motifs floraux. L’œil se perd dans la profusion de détails jusqu'à tomber avec effroi sur un œil qui l'observe. D'où le titre de la série quelqu'un regarde par un trou dans la photographie.

Pauline Bastard, Beautiful Landscape, 2006-2010 >

Lucie Chaumont travaille à une autre échelle. Ses cartes vues du ciel montrent trois côtes ayant subi une catastrophe écologique : l'Islande est représentée avec son nuage de cendres volcaniques, le Golfe du Mexique avec sa nappe de pétrole et le Japon avec l'expansion des déjections radioactives... Le dessin à la mine est sobre, chaque territoire est tracé en gris clair tandis que la menace est représentée en noir, comme si le littoral marin était d'un seul coup happé, noyé, risquant d'être complétement effacé de la carte.


Eva Hober a également choisi de montrer une grande toile de Damien Cadio intitulée Flandres. De jeunes gens se relèvent après avoir été projetés par terre. Comme l'écrivait Thibaut de Ruyter, Damien Cadio est le peintre du hors champ et peut-être ici de l'instant d'après.

Myriam Mechita présente elle des sculptures tirées de la série I am an animal too, où les moulages de corps de chevreuils sont suspendus, la tête remplacée par des colliers de perles qui dégoulinent vers le sol, magnifiant ainsi une sorte de sacrifice rituel.

Damien Cadio, Flandres, 2011 >

Notons que Lucie Chaumont et Pauline Bastard exposent aussi hors les murs : le Domaine de Chamarande dans l'Essonne les présente du 13 mai au 30 septembre, tous les jours de 12h à 19h dans le parc, au château et à l’orangerie. 

Katia Bourdarel est exposée jusqu'au 28 octobre 2012 au château de Fougères-sur-Bièvre

Les automates de Damien Cadio sont visibles au musée Joseph Donais de Beaufort jusqu'au 7 novembre 2012.


Galerie Eva Hober   => Liste des Articles
35 - 37 rue Chapon
75003 PARIS
Site de la galerie : www.evahober.com/