Une vidéo souligne l'importance de l'apparence, une autre représente la lutte contre la gangue de la détermination sexuelle tandis qu'une troisième montre le traitement imposé pour faire cette opération, avec les seringues d'hormones. Ces six films se reflètent dans un bassin miroir qui a la forme de la molécule de la testostérone, sur une musique aux accents de dead can dance. On est loin de la fragile et inoffensive testostérone de Vincent Mauger, composée de galets et de branches. On se retrouve ici face à une clé qui ouvre une porte vers un chemin ardu. L'ambiance est lourde, électrique et à la fois teintée d'une forme de romantisme noir.


Dorothée Smith, Série Loyly 2009 >



L'étage de la galerie est surmonté d'une verrière, on passe ainsi de l'ombre à la lumière. Les photos de Dorothée Smith sont très lumineuses. La plupart sont légèrement surexposées et prises dans des endroits aux tonalités blanches. L'accrochage est sobre et très réussi. Dorothée Smith nous présente des photographies extraites de plusieurs séries. Adoptant une approche intimiste, tout en retenue, elle photographie des personnes dont on a du mal à déterminer le genre : homme, femme, finalement, cela n'a pas d'importance. L'ambiguïté est belle à voir. De ces portraits émanent une certaine mélancolie et une grande douceur.

Dorothée Smith adosse son travail aux théories des genres de Judith Butler qui considère, pour faire vite, que les genres seraient en fait des "performances obligatoires". Elle photographie ces nouveaux genres qui émergent à la marge. Si le genre est une performance obligatoire, les sujets de ses photographies semblent, eux, avoir choisi de vivre leur sexualité telle qu'ils l'entendent, avec toute la complexité et aussi la fragilité que cela engendre.

Dorothée Smith,Série Loyly 2009 >

On pense aussi aux photographies de Claude Cahun qui entretenait une certaine ambiguïté dans ses photographies, affirmant "Neutre est le seul genre qui me convienne toujours". Loin de tout voyeurisme ou provocation, ses vidéos sont sombres et ses photographies diaphanes. Pénombre et lumière, science et nature, homme ou femme, homme et femme, doutes et certitude, l'artiste pose le sujet et laisse le spectateur libre de penser.

Site de Dorothée Smith : dorotheesmith.net/

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17, rue des Filles-du-Calvaire
75003 PARIS
Site de la galerie : www.fillesducalvaire.com/