Nous connaissons bien les lieux de la galerie Alberta Pane, nous avons été d’autant plus surpris de pénétrer dans un espace recomposé, où les murs semblaient avoir été repoussés. Notre perception de l’espace se trouvait contredite par celle que nous avions en mémoire.

Au fond de la galerie, le mur est peint en noir, plusieurs œuvres s’en détachent. L’espace suggéré par les motifs et les lignes d’Esther Stoker est ouvert. La sculpture présentée lors du YIA et qui était alors posée sur un socle, est ici suspendue dans les airs, sa masse blanche devient aérienne. Sur le même mur, les fils blancs tirés vers un point convergent du plafond créent une trame qui varie en fonction de notre position. Nous circulons dans une matrice dont les motifs varient. Comme si, même invisible, elle était toujours présente et qu’à certains moments elle se matérialisait sur n’importe quel support pour simplement se révéler de nouveau à nous. 

Untitled, Esther Stocker, 2010 >

L’exploration continue d’ailleurs à travers la contemplation de ses peintures. Esther Stoker peint des motifs qui construisent un système, puis elle intervient, tel un démiurge, pour rompre la perfection de ce système. Elle crée de façon imperceptible des accidents qui troublent notre compréhension du dispositif. La ville de Metz ne s’y est pas trompée en lui confiant l’habillage du nouveau parking Mazelle.

Galerie Alberta Pane   => Liste des Articles
14 rue Saint-Claude
75003 PARIS
Site de la galerie : www.galeriealbertapane.com