Mathieu Cherkit nous emmène dans son écosystème. Il peint simplement ce qui l'entoure, en l'occurrence le petit pavillon de Saint-Cloud où il vit actuellement. On visite ainsi le jardin, sa chambre, la salle de bain ou la cuisine. Chacune de ces pièces est truffée de détails tirés du quotidien : téléphone, brosse à dents, bouteille d'eau, feuilles en accordéon, qui sont égarés dans le décor. Peut-être une influence de son passage à Nantes, où il a certainement contemplé au Musée des Beaux-Arts les toiles de Pierre Roy. Ce dernier truffait aussi ses peintures de petits objets, sans prétention allégorique. Il évoquait ainsi son travail :" Quand je peins quoi que ce soit, je suis tout entier au plaisir de peindre. Je n'ai jamais essayé de peindre des choses bizarres. Si elles le sont, c'est contre mon gré". Mathieu Cherkit pourrait faire siennes ces paroles. Ses toiles témoignent d'ailleurs de son goût pour la peinture en tant que matière.

Caducée Vaudou, 2011 >

Mathieu Cherkit joue également sur notre perception de l'espace en assemblant des plans disjoints. Ses compositions sont singulières : dans Caducée vaudou, le couloir n'est pas longiligne, mais étrangement coudé avec, au milieu, un lustre qui fait le lien entre les deux points de vue. Il apporte à chaque pièce de ce pavillon lumière et couleurs. Le couloir se retrouve ainsi paré de lignes orange au plafond. Les murs de la salle de bain sont d'un rose éclatant. Grâce à une palette de verts chatoyants, les scènes d'extérieur vibrent d’une lumière particulière. Un écosystème très personnel.

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16, rue de Montmorency
75003 PARIS
Site de la galerie :www.jeanbrolly.com/