Cette exposition présente trois pans de l'art indien : l'art tantrique, l'art tribal et l'art contemporain, à travers des artistes représentés par la Galerie Maskara de Bombay. A l’entrée, on découvre d’abord les dessins tantriques du Rajasthan. Ces dessins sont issus de la forme hindouiste savante du graphisme tantrique, art abstrait basé sur des couleurs et des formes simples. Ces petits dessins sont accrochés, dans la maison, au-dessus du temple et invitent à la méditation. Ces carrés, lignes, triangles ou cercles reposent sur un papier très fin qui se dégrade au fil du temps. Ces dessins, une fois disparus, sont remplacés par d'autres, ce qui porte la méditation à se concentrer sur un autre objet. Chaque forme représente une divinité ou des éléments plus abstraits. Ainsi ce dessin de rayures évoque "les pôles éternels du monde - leur multiplication et leur dialogue constant. Jour et nuit. Lumière et ombre. Immobilité et mouvement. Shiva et Shakti." (Tantra- Franck André Jamme)

 
Sans titre par anonyme d'Udaipur >

En face, les œuvres d'Acharya Vyakul, grand artiste indien qui peint au lavis des formes abstraites ou semi-figuratives. Les deux séries se répondent parfaitement, d'un côté des couleurs franches et des formes abstraites, de l'autre un nuancier allant de l'ocre au marron avec des formes diffuses, plus ou moins figuratives.

La suite de l'exposition donne à voir des pièces plus « tribales », notamment des dessins des Hill Korwa, tribu du centre de l'Inde. L'histoire de ces dessins est étonnante : alors que des ethnologues étaient venus pour étudier leurs mœurs, les Hill Korwa, qui parlent un dialecte sans alphabet ou écriture, ont pris leurs crayons et marqueurs pour dessiner sur les feuilles fournies. Le résultat est pour le moins stupéfiant : de longues lignes de symboles, ponctués parfois de flèches ou surlignés.

 Acharya Vyakul >

Plus loin, dans la grande salle, deux œuvres d'une très grande beauté sont accrochées au mur. D'un côté, de longs morceaux de bois cloués ou recouverts de Priyanka Choudhari et, de l'autre, une structure constituée de matières végétales (palmiers, calebasse et tissus) de Shine Shivan. Cette installation s'appelle "Empty spaces between desire and fantasy". Shivan joue sur la dimension séduisante et ambivalente de la nature en proposant une face noire de la sensualité avec des palmiers séchés et hérissés de pointes ou des calebasses toutes en rondeurs.

Galerie du Jour Agnès B.   => Liste des Articles
44 rue Quincampoix
75004 PARIS
Site de la galerie : www.galeriedujour.com/