Dans l'entrée de la galerie, trône sur un socle géant la statue d'un dictateur. Elle paraît tout droit sortie des ateliers de Corée du Nord. D'un blanc immaculé, ce tyran avec encoche au niveau du genou semble attendre de se faire déboulonner. A l'étage, les statues de Philippe Ramette, plus libres, vont jusqu'à quitter leur socle. L'une d'entre elles s'est fait la malle pour aller faire un petit roupillon sur le plafond, tandis qu'une autre, assise dans un angle du plafond, nous observe pendant que nous tournons autour de son socle. Un joli retournement de situation.

 
Philippe Ramette, sans titre (la silhouette), 2011 >

La plus impressionnante est sans nul doute la silhouette d'un homme qui marche à tâtons, sa main droite cachant ses yeux. Figure allégorique de la démarche artistique de Philippe Ramette ? C'est un explorateur que Claude Lévy Strauss n'aurait pas renié.

Sur les murs, les dessins préparatoires de ses performances témoignent de ses sujets de prédilection : le quiproquo, la désorientation, l'incompréhension ou l'acte manqué. Philippe Ramette se met en scène dans des situations absurdes à la Jacques Tati, puisant dans ses interrogations quant à son statut d'artiste (peur de perdre son inspiration), ou sur notre société (étroitesse de notre regard sur le monde extérieur). On sent sourdre une intranquillité permanente. Philippe Ramette souhaite-t-il vraiment que nous "gard(i)ons nos illusions" ?

 Philippe Ramette, Le mémorial du geste incompris, 2012 >
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