Pas de nus, pas d'autoportraits, peu de sujets érotiques, mais des enfants, un trait de lumière que le rideau laisse passer ou des chevaux. Sofia Coppola ne présente pas ici le Mapplethorpe chic et clinquant, elle s'intéresse à une face plus personnelle de son travail. Ces photographies semblent tirées de son journal intime, même si certaines ont probablement fait l'objet de commandes, notamment les portraits.

Robert Mapplethorpe, Lisa Lyon, 1982 >

Les personnages de Marie Antoinette ou Lost in translation sont plongés dans des environnements qui leur sont étrangers pour révéler leur Humanité : Marie Antoinette devient ainsi une ado comme les autres, engoncée dans son uniforme de Reine, tandis que l'acteur has been et la jeune américaine se retrouvent dans un tête-à-tête improbable à bord d'un hôtel tokyoïte de luxe qui a tout d'un paquebot. La cinéaste adopte dans cette exposition le même point de vue que dans ses films.

Un exemple ? La photo de Lisa Lyon, la première femme championne de bodybuilding, a retenu notre attention. Elle pose allongée sur une chaise longue, poussant sur ses bras pour faire apparaître sa poitrine et cachant sa tête au creux de ses épaules, comme si elle était en plein travail d'introspection. Parmi la série de photographies de Lisa Lyon prises par Mapplethorpe, Sofia Coppola a choisi celle où la position du corps et son contexte prennent un sens particulier. On est bien loin de la dimension esthétique des autres photographies de femmes nues de Mapplethorpe et très proche de l'univers de la cinéaste...

Galerie Thaddaeus Ropac   => Liste des Articles
7, rue Debelleyme
75003 PARIS
Site de la galerie : www.ropac.net/