Salon Montrouge (2/2) : une sélection de jeunes artistes
Par Connie le mercredi 18 mai 2011, 22:35 - Artistes - Lien permanent
Salon de Montrouge du 4 mai au 1er juin 2011

Carine Brancowitz, le cantique des créatures >
Le salon de Montrouge, fidèle à la tradition des salons du XIXe siècle, a suscité cette année le déchaînement des passions. De notre côté, nous sommes restés un peu dubitatifs sur la remise des prix. L'année dernière, nous avions découvert Farah Atassi, Stéphane Lecomte, Marie Quéau, Mathieu Cherkit et Julien Salaud. Cette année, nos lauréats sont dans l'ordre d'apparition...
En entrant, nous avons aperçu les images flottantes d'Alexia Bretaudeau. Il
s'agit de transferts photographiques réalisés sur du tissu, complétés à
l'acrylique et à la mine de plomb. Suspendus, la lumière passe un peu au
travers et l'image se dérobe.
Ensuite, nous avons aperçu le grand mur vert où Joao Vilhena a dessiné une tête
d'homme et quelques carrés de couleurs, une œuvre assez puissante. A côté, il a
accroché quelques petites cartes postales, qu'il a redessinées avec
humour.

Alexia Bretaudeau >
Tout au fond, ce sont les dessins de Carine Brancowitz qui nous ont impressionnés. Un bic. Quatre couleurs : jaune, bleu, rouge, noir. Sur le plan technique : une grande dextérité dans la pratique du bic et un savant dosage des couleurs. Sur le plan artistique : un style personnel, très graphique, des motifs art déco, des compositions très réussies. Carine Brancowitz porte un regard personnel sur l'époque actuelle, en mêlant des scènes intimistes, un parisian way of life. On en redemande !
Joao Vilhena >
Quasiment en face, Mathilde Guillemot. Elle vient d'Angers. Elle dessine des cartes qu'elle a judicieusement exposées à plat, comme les cartes marines. Les légendes ont été enlevées, même si on en voit encore l'emplacement. Les zones de pliage ont été élargies. Mathilde Guillemot mélange les cartes, supprime les indications toponymiques pour ne retenir de la carte que sa dimension esthétique et poétique. En découvrant ce travail, on pense bien évidemment au travail d'un autre artiste du Maine et Loire, Eric Fonteneau qui, lui aussi, est un passionné de cartes.En poursuivant un peu plus loin, nous sommes tombés en arrêt devant les sculptures de Tarik Essalhi. C'est notre coup de cœur du Salon. Tarik Essalhi réalise avec un talent certain des sculptures comme on en faisait à la Renaissance, des nus, des drapés, avec des matériaux moins classiques : il utilise le béton, la porcelaine, le plâtre... Il choisit le matériau en fonction du toucher qu'il souhaite suggérer ou du modelé qu'il souhaite obtenir. Outre la qualité esthétique de ses statues, ce que nous apprécions tout particulièrement est sa façon de traiter des thèmes d'actualité : il propulse ses sujets dans une tradition qui n'est a priori pas la leur et leur apporte une dimension mystique. Ainsi le gisant est en jean, avec les mains ligotées dans le dos. Sa statue Abu Ghraib présente un homme nu, le visage enfermé dans un sac. A ces êtres à qui l'on a tenté d'ôter leur dignité, Tarik Essalhi redonne une part d'humanité. Au milieu, un priant a les mains derrière le dos. Elles ne sont ni jointes ni tournées vers le ciel, tel un priant œcuménique.

Tarik Essalhi, Gisant, béton >
Puis, nous avons aperçu un mur couvert de soucoupes. Car Géraud Soulhiol peint au café soluble sur des sous tasses. Son mur, un peu désuet, est très beau. En se rapprochant, on y voit une galerie de portraits, des aéroplanes, des usines, des vanités... C'est d'ailleurs le titre de la série, Vanités. A côté, ses dessins de stades en ruines au crayon méritent aussi le détour.
Géraud Soulhiol >
A côté de l'espace consacré à l'Ecole de la photographie d'Arles, Samuel Gelas nous présente sa Guadeloupe natale. De lui, nous avons préféré La mulâtresse solitude, petite pièce à côté de la fresque qu'il a produite et qui fait penser aux travaux des muralistes sud-américains.Nous souhaitons à tous ces artistes de trouver rapidement une galerie dans le troisième.
Commentaires
Les images en transparence d'Alexia Bretaudeau sont en effet captivantes. On cherche à deviner les formes et sujets qui transparaissent sur ce qui ressemble à un voile. Ses images sur papier sont aussi très intéressantes. Juste à côté, les figurines de papier de Daniel OteroTorres saisissent le spectateur. Des créatures bédéistes menaçantes, dont les mains sont armées de ciseaux.
Beaucoup de promesses dans cette édition du Salon.