Derrière le nom "sous réalisme" se cache un ensemble de peintres et de dessinateurs qui réactivent l'esprit punk. D'abord avec la volonté de faire de l'art avec peu de moyens, de choquer et d'accepter de ne pas produire du beau. Et aussi en faisant appel à des images et à des icônes modernes qui créent une symbolique sous réaliste. Ils les font s'entrechoquer avec violence jusqu'à les faire exploser.



Axel Pahlavi,L'amour plus fort que la mort, 2010 >


Ainsi, dans les grands dessins noir et blanc de Jérôme Zonder, les enfants deviennent violents et massacrent leurs parents. Axel Palhavi peint des mariées déguisées en clown, des têtes décharnées qui font apparaître les mâchoires. Kosta Kulundzic utilise un dessin proche du Manga pour dessiner des tueuses heureuses, armées de pelles et de couteaux sanguinolents, et des mercenaires épanouis. Ces artistes n'hésitent pas à représenter la chair à vif et à taper dans le ventre. Ce sont ces mêmes ressorts que les graphistes punk utilisaient dans leurs fanzines. Le sous réalisme est la rencontre improbable entre le collectif Bazooka et Francisco de Goya ou Jérôme Bosch. On est loin d'un art contemporain cérébral et conceptuel.


Tout au long de l’exposition, on retrouvera ces constantes : des références à l'histoire de l'art, la volonté de parler à nos tripes, une utilisation importante des symboles pour soutenir le propos. Djorke Ozbolt peint à l'ancienne des paysages, des bouquets de fleurs, en s'inspirant des natures mortes hollandaises du XVIIe siècle ; des moines croisent des éléphants roses, un masque africain soutient un plat en porcelaine de delft rempli de viande fraîchement découpée, qui s'intitule post-colonial discourse; sermon post-colonial. Quant à Stéphane Pencréac'h, il peint la tempête en se plaçant dans le prolongement des marines du XIXe siècle, du radeau de la méduse..., en lui donnant une dimension plus contemporaine. Raphaëlle Ricol transforme, elle, le radeau de la méduse en voiture qui sombre dans l'eau sous nos fenêtres.


Djordje Ozbolt, Post colonial Discourse, 2010 >


Ces naufrages ne préfigurent pas pour autant l'avenir du sous réalisme : sa force de frappe et l'engagement personnel de ces artistes laissent présager des jours radieux à ce mouvement qui se lève à l'Est.



Centre culturel de Serbie
www.ccserbie.com
123, rue Saint Martin
75004 Paris
Tél. : 01.42.72.50.50
Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi, de 11h30 à 19h30

Raphaëlle Ricol, Sans titre, 2009 >