Sous réalisme - Under realism
Par Vence le vendredi 9 mars 2012, 13:46 - Galeries - Lien permanent
Centre culturel serbe du 11 février au 30 mars

Jérôme Zonder, Jeu d'enfant #3, 2011 >
En entrant dans le Centre culturel serbe, nous savions que nous allions retrouver parmi les dix artistes invités certains artistes déjà exposés dans des galeries du troisième. Le fait de les avoir réunis sous la dénomination "Sous réalisme" explicite les correspondances qui existent entre ces œuvres figuratives et donne à l'ensemble une forte cohérence. Attention, ça va saigner !
Derrière le nom "sous réalisme" se cache un ensemble de peintres et de dessinateurs qui réactivent l'esprit punk. D'abord avec la volonté de faire de l'art avec peu de moyens, de choquer et d'accepter de ne pas produire du beau. Et aussi en faisant appel à des images et à des icônes modernes qui créent une symbolique sous réaliste. Ils les font s'entrechoquer avec violence jusqu'à les faire exploser.
Axel Pahlavi,L'amour plus fort que la mort, 2010 >
Ainsi, dans les grands dessins noir et blanc de Jérôme Zonder, les enfants
deviennent violents et massacrent leurs parents. Axel Palhavi peint des mariées
déguisées en clown, des têtes décharnées qui font apparaître les mâchoires.
Kosta Kulundzic utilise un dessin proche du Manga pour dessiner des tueuses
heureuses, armées de pelles et de couteaux sanguinolents, et des mercenaires
épanouis. Ces artistes n'hésitent pas à représenter la chair à vif et à taper
dans le ventre. Ce sont ces mêmes ressorts que les graphistes punk utilisaient
dans leurs fanzines. Le sous réalisme est la rencontre improbable entre le
collectif Bazooka et Francisco de Goya ou Jérôme Bosch. On est loin d'un art
contemporain cérébral et conceptuel.
Tout au long de l’exposition, on retrouvera ces constantes : des
références à l'histoire de l'art, la volonté de parler à nos tripes, une
utilisation importante des symboles pour soutenir le propos. Djorke Ozbolt
peint à l'ancienne des paysages, des bouquets de fleurs, en s'inspirant des
natures mortes hollandaises du XVIIe siècle ; des moines croisent des
éléphants roses, un masque africain soutient un plat en porcelaine de delft
rempli de viande fraîchement découpée, qui s'intitule post-colonial
discourse; sermon post-colonial. Quant à Stéphane Pencréac'h, il peint la
tempête en se plaçant dans le prolongement des marines du XIXe siècle, du
radeau de la méduse..., en lui donnant une dimension plus contemporaine.
Raphaëlle Ricol transforme, elle, le radeau de la méduse en voiture qui sombre
dans l'eau sous nos fenêtres.

Djordje Ozbolt, Post colonial Discourse, 2010 >
Ces naufrages ne préfigurent pas pour autant l'avenir du sous réalisme :
sa force de frappe et l'engagement personnel de ces artistes laissent présager
des jours radieux à ce mouvement qui se lève à l'Est.
Centre culturel de Serbie
www.ccserbie.com
123, rue Saint Martin
75004 Paris
Tél. : 01.42.72.50.50
Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi, de 11h30 à 19h30

