Comme l'illustrent les titres de ses œuvres "garde à vue" ou "Abu Grahib", son inspiration, Tarik Essalhi la trouve dans notre époque. Ses personnages incarnent le rapport des hommes avec la violence, l'humiliation, la souffrance. Entravés, ils se soumettent. Les vierges portent une burqa. La tête haute, une femme affiche un cocart. Le CRS lui se cache derrière un masque. Aucun signe ne permet de les rattacher à un lieu, ils sont vous, nous, eux. Ils ne se présentent jamais dans des dimensions réalistes. Les sculptures sont soit trop grandes (le buste de la mère de l'artiste), soit trop petites (le CRS), comme pour nous mettre à distance.

Tarik Essalhi, ma mère, 2012 >

En observant une œuvre de Tarik Essalhi, on ressent une impression semblable à celle que l'on éprouve à la lecture du Journal d'un voleur de Jean Genet. Ce n'est pas étonnant, car, tout en partageant un respect infini pour l'art qu'ils pratiquent, l'un comme l'autre se mettent à nu et révèlent leurs démons intérieurs. Bruts.

Kogan Gallery
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